mardi 21 septembre 2010

« Plus belle la vie » : le Lillois Franck Andrieux a pris la série « comme un vrai laboratoire » - La Voix du Nord

Dans le désormais mythique quartier du Mistral, Franck Andrieux interprète Antoine Vidal. LA VOIX DU NORD - Dimanche 15.08.2010
Par Pauline Drouet

LE VISAGE DU DIMANCHE
Cette année, le Lillois Franck Andrieux s'était déjà fait remarquer en tant que metteur en scène avec « Hyènes », de Christian Siméon, jouée six fois à la Maison folie de Wazemmes. À la rentrée, il revient, en tant que comédien cette fois et dans un registre totalement différent. Entretien avec Franck Andrieux, alias Antoine Vidal dans « Plus belle la vie ».


Franck Andrieux ne commence pas sa carrière avec Plus belle la vie, loin de là. Sur le CV du comédien, il y a aussi la mise en scène. Il est co-directeur de la compagnie lilloise « àcorps-ouvert ». Il y a également une surprenante rubrique « performances vocales », du théâtre bien sûr et des rôles au cinéma (Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon ou À l'origine de Xavier Giannoli). Le tout balayant à peu près tous les genres, de la comédie burlesque (Quelle journée !, une série diffusée sur internet) à des textes beaucoup plus classiques comme ceux de Genet ou de Sade.
Jouer dans Plus belle la vie ne constitue pas pour autant un grand écart : « À la base, c'est le même métier. Quand on passe de Genet à Giannoli, c'est la même chose. Il y a toujours des textes à apprendre, un jeu à trouver. On peut traverser ça avec la même exigence, la même honnêteté. » Plus belle la vie est donc une expérience de plus pour l'acteur qui reconnaît lui-même « qu'il faut avoir plusieurs chapeaux ».
Le personnage qu'interprète Franck Andrieux - Antoine Vidal - est un des nombreux « guests » de Plus belle la vie . Soit un de ces personnages qui, invités dans la série, n'y font qu'une brève apparition. « Je crois que je suis le 968e. » Ces « guests » sont une des marques de fabrique de cette sitcom à la française. Ils lui donnent son rythme. « Chaque séquence est une petite pièce à jouer, il y a un climax, un enjeu. Quand le personnage est à l'écran, il ne fait pas de la figuration. » Le format de la série influe sur le travail de l'acteur : « Ça oblige à trouver assez vite une unité au personnage. J'ai axé mon jeu sur deux ou trois choses comme des tics physiques. » La cadence de travail est rapide, sur les plateaux de Plus belle la vie : « On a au maximum trois quarts d'heure pour une scène au lieu de deux heures au cinéma. Et on n'a le droit qu'à deux prises ! »
Franck Andrieux cite Pascale Roberts, qui interprète Wanda depuis deux ans : « Plus belle la vie, c'est une vraie école. Ça t'oblige à aller à l'essentiel de ce que tu es. » L'acteur est aussi garant de la cohérence de son personnage : « Chaque semaine, il y a un nouveau réalisateur. Sur quatre semaines, on a tourné avec six réalisateurs différents ! » Un apprentissage, donc, pour le comédien, qui dit avoir « pris Plus belle la vie comme un vrai laboratoire ».

Une découverte aussi : « C'est assez magique de pénétrer dans les 10 000 m² des studios de la Belle de mai, à Marseille. » Avec ses ateliers de construction et le stockage de certains décors, le comédien lui trouve des petits airs de Cinecittà (complexe de studios de cinéma basé à Rome) ou d'Hollywood. C'est ça aussi, la magie du petit écran.

Qui est vraiment Antoine Vidal ?
Antoine Vidal (Franck Andrieux à la ville) est un de ces personnages faits pour que l'on ne les aime pas. Sur le site internet de la sitcom, le peu d'informations disponibles n'est pas engageant. Antoine Vidal ne s'occupe plus de sa vieille tante, dont il est le seul héritier. Il revient à Marseille lorsqu'il apprend que Benoît Cassagne (personnage récurrent de la série interprété par Ludovic Baude) pourrait le remplacer sur le testament de la vieille dame. Il décide donc de faire passer celle-ci pour folle. La tante, Julienne Vidal, est « une espèce de Tatie Danièle », selon Franck Andrieux, qui n'est guère plus tendre avec son neveu « un peu moins sympathique encore ». Julienne et Antoine Vidal sont des « guests », des personnages parallèles qui ne croisent que rarement la route des protagonistes principaux. La vocation du « guest » : pimenter un peu la reproduction du quotidien qu'est Plus belle la vie. Ce sont eux aussi qui contribuent à faire de la série une sitcom dans la plus pure tradition.

Donner une humanité.
Le défi pour Franck Andrieux : rendre tout même attachant son personnage qu'il décrit comme « un peu bête, un peu fainéant et un peu has been avec son look de représentant de commerce des années 80 ». Pour l'acteur « qui a souvent joué des personnages pas sympas », Antoine Vidal n'en est que plus intéressant : « Un mec bien, c'est lisse et plat. On en a vite fait le tour. C'est beaucoup plus agréable d'interpréter des mecs comme Antoine Vidal. » Sous ses dehors de looser, il recèle « des failles et des contradictions » que l'acteur tente d'exploiter. Toute la subtilité du jeu consiste à « arriver à donner une humanité au personnage ». Et cela en une dizaine d'épisodes seulement. Pour savoir si le pari est réussi, rendez-vous sur France 3 à 20 h 10, à partir du 24 août. Les amateurs du genre jugeront…

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lille/actualite/Secteur_Lille/2010/08/15/article_plus-belle-la-vie-franck-andrieux-a-pr.shtml

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire