mardi 21 septembre 2010

Interview "Plus Belle la Vie" par Pierre Giacometti

www.pblv-plusbellelavie.fr
25.08.2010
Par Pierre Giacometti.


Franck Andrieux interprète actuellement le personnage d'Antoine Vidal dans "Plus belle la vie". Voici l'interview exclusive du comédien afin de mieux le connaître.

Dans PBLV, vous interprétez le personnage d’Antoine. Que pensez-vous de ce personnage ?
Antoine Vidal est le neveu de Julienne Vidal, une dame âgée dont s’occupe de temps en temps la famille Cassagne. Il arrive chez sa tante dans l’intention de récupérer son héritage. Il est au chômage, s’est fait largué par sa femme, c’est plutôt un « looser », dont la cupidité n’a d’égale que la bêtise !


Pouvez-vous en dire plus sur lui ?
Il a un goût assez incertain pour s’habiller, affectionnant particulièrement les chemisettes à manches courtes, bien repassées, qu’il rentre dans ses pantalons !

Ressemblez-vous à votre personnage ?
J’espère qu’aucun de mes proches ne me dira que je lui ressemble !

Ce qui vous plaît le plus chez Antoine ?
C’est un personnage attachant malgré tout. Sous ses aspects hypocrites et mielleux, on découvre rapidement quelqu’un de paumé, qui n’a pas beaucoup d’ambition. Il est plus à plaindre qu’à blâmer, malgré les mauvais coups qu’il joue à sa tante et à la famille Cassagne.

Ce qui vous plaît le moins chez Antoine ?
Son look, son manque éhonté de scrupules et sa façon de se sortir des situations par des méthodes assez médiocres.

Comment voudriez-vous voir évoluer votre personnage ?
C’est quelqu’un de très seul, en fin de compte, qui n’a pas d’amis, plus de femme, et qui finit par quitter le Mistral assez piteusement… Il mériterait peut-être d’avoir l’occasion de se racheter une bonne conduite.


Actuellement vous êtes dans la série… Allez-vous y rester ? Tournez-vous actuellement ? Pour le moment, je suis en vacances, et j’en profite pour regarder les épisodes que j’ai tournés en juillet dernier à Marseille.

Aimeriez-vous rester définitivement dans la série ?
Il faudrait que les scénaristes et les téléspectateurs en aient l’envie, bien sûr ! Mais tourner dans PBLV, c’est un rythme de dingue, qui ne laisse pas beaucoup de temps pour faire autre chose. Je joue aussi au théâtre, je fais de la mise en scène, et je serai malheureux de devoir m’en passer. Mais voir revenir Antoine Vidal, pourquoi pas ?

Comment êtes-vous arrivé sur le tournage de PBLV ?
En passant un casting, une première fois sur un autre rôle quelques mois avant, puis ils m’ont rappelé pour Antoine Vidal. Le personnage m’a tout de suite intéressé.

Comment s’est passé votre casting ?
Mal ! J’avais le trac parce que je voulais vraiment avoir le rôle et je suis sorti de la salle de casting un peu dépité, j’avais le sentiment que j’avais tout foiré ! J’étais persuadé que ce ne serait pas moi. Et quand Joanna Delon, la directrice de casting, m’a appelé pour me dire qu’ils m’avaient choisi, j’ai mis une heure avant de réaliser. Il ne faut pas toujours se fier à son intuition !

Votre première journée de tournage… vos impressions ?
Je me suis réveillé en me disant, ça y est, c’est parti ! Puis, la surprise de découvrir le labyrinthe des studios de la Belle-de-Mai, l’étourdissement de serrer la main à des dizaines de personnes (les comédiens, les techniciens…) qui viennent vous dire bonjour et vous accueillir avec le sourire, la chaleur des plateaux qui me fait transpirer et qui donnera bien des soucis aux habilleuses et aux maquilleuses (hommage leur soit ici rendu !)… et la magie de tourner ma première séquence à la terrasse du Mistral !

Avec qui vous entendez-vous le mieux sur le tournage ?
Pour ne parler que des comédiens, j’ai eu des partenaires très chouettes, Andrée Damant en tête, mais aussi Ludovic Baude ou Coline d’Inca. Je n’ai eu qu’une scène avec Stéphane Hénon, mais on s’est vraiment bien marré ; il s’est même arrêté de jouer en pleine séquence pour me dire : « Mais t’as l’air pervers quand tu me dis ça ! ça fait peur !». Et puis il y a ceux avec qui j’ai aussi passé de très bons moments, même si on a malheureusement pas tourné ensemble, je pense à Pascale Robert, Geoffroy Guerrier, Rosario Amedeo, Norbert Haberlick, Patty Hannock, Paul-Mark Elliott…


En dehors de votre personnage dans PBLV, quel personnage aimeriez-vous interpréter ? (au théâtre, au cinéma…)
Je n’ai jamais eu un physique de jeune premier, alors on me confie des rôles de flics (des flics pas très nets), ou de prêtres (pas très catholiques !). J’aime assez bien jouer les types un peu louches, c’est souvent plus intéressant que de jouer les gentils, ça permet d’aller fouiller dans les zones d’ombres de notre humanité. Un acteur doit être capable de jouer tous types de personnages, sachant que c’est toujours un peu soi-même que l’on met en jeu. Au théâtre, c’est différent, on use d’autres artifices, aujourd’hui j’aimerais jouer plus de théâtre classique (Racine, Molière, Shakespeare). Je rêve de vivre assez vieux pour pouvoir jouer le Roi Lear.

Quel a été votre parcours avant d’arriver à PBLV ?
J’ai fait beaucoup de théâtre contemporain, dans des spectacles assez expérimentaux où se mêlaient théâtre, danse, musique, cinéma, vidéo… J’ai joué Pier Paolo Pasolini, Heiner Müller, Alfred Jarry, le Marquis de Sade, J’ai participé à des spectacles de théâtre de rue, un peu partout en Europe et au Brésil.
J’ai joué sous la direction de metteurs en scène français mais aussi espagnols, colombiens, allemands, belges… J’ai travaillé avec des musiciens improvisateurs de jazz, j’avais mon propre groupe « Poetryptich », je disais des poèmes en allemand, en italien, en espagnol, en anglais… Je suis passé à la mise en scène avec la « Cie àcorps-ouvert » que je dirige à Lille avec le comédien Thomas Baelde, nous avons monté « Hyènes » de Christian Siméon, puis « Haute Surveillance » de Jean Genet. Pour la télévision, j’ai fait plusieurs apparitions dans la série « Blandine l’insoumise », puis plusieurs téléfilms avec Laurent Carcelès, Philippe Venault, Laurent Heynemann, Thierry Binisti, Jacques Maillot… Au cinéma, j’ai tourné avec François Cluzet dans « A l’Origine », j’étais Mr le Borgne dans « Bienvenue chez les Ch’tis »… Je participe aussi à la web-série humoristique « Quelle Journée ! », écrite et réalisée par mon ami Eric Paul (qui jouait Milo Mauriat dans PBLV).


Vous êtes acteur ; quel autre métier aimeriez-vous exercer ?
Mon grand regret est de ne pas avoir étudié la musique étant jeune. Je pense qu’être acteur et parler plusieurs langues, a été pour moi une manière d’être musicien, c’est aussi une question de rythme, d’harmonie et d’interprétation. Mais bon sang !, entendre Glenn Gould jouer les « partitas » de Bach, ou bien le saxophoniste John Coltrane tenir une improvisation, ça, c’est de l’énergie pure qui dépasse tous les langages !

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?
Le besoin de liberté. Quand on est en train de jouer sur un plateau de théâtre ou de cinéma, tout peut arriver et en même temps c’est un des rares espaces où l’on peut être maître de ses circonstances.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?
Aucune routine. Chaque nouveau projet est une remise en question de tout ce que vous croyez savoir. Il faut sans cesse redécouvrir, réinterroger, bref créer !


Que vous a apporté PBLV ?
Une capacité à travailler vite, à aller à l’essentiel très rapidement.

Ce qui vous plaît le plus, le théâtre ou le cinéma ?
Les deux, mon Général ! Je ne saurai me passer de faire du théâtre, c’est la base de mon métier, ce sont les fondamentaux, et le cinéma représente un rêve de gosse que je n’avais même jamais osé me formuler à moi-même !

Avez-vous des projets pour l’avenir ?
On devrait me voir à la rentrée à la télévision dans « Petite Fille » de Laetitia Masson avec Hélène Fillières et dans « Une cible dans le dos » de Bernard Uzan, avec Bernard Lecoq. Puis au cinéma en 2011 dans « Présumé Coupable » de Vincent Garenq avec Philippe Torreton (sur l’affaire d’Outreau), et dans « Un fils perdu » de Philippe Faucon avec Rashid Debbouze. J’ai aussi plusieurs projets pour le théâtre la saison prochaine, comme acteur et comme metteur en scène.


Regardez-vous la série PBLV ?
Pas quotidiennement, mais je regarde volontiers un épisode de temps en temps pour voir où en sont les personnages que j’aime bien.

Que pensez-vous de la série PBLV ? Quelle est votre opinion ?
Je trouve que c’est une réussite, qui devrait inciter d’autres chaînes à produire leur quotidienne de fiction. J’entends parfois des professionnels qui critiquent un peu sévèrement la série, par méconnaissance ou parfois un certain snobisme. Moi, je leur réponds qu’on peut être un comédien de théâtre contemporain, être acteur dans des films de cinéma d’auteur ou dans une comédie populaire, faire de la performance poétique, mettre en scène des auteurs d’aujourd’hui, et aussi tourner dans la soap-série française la plus regardée quotidiennement. PBLV a su toucher et fidéliser un public très varié et l’on y voit d’excellents comédiens.


Pensez-vous que PBLV a représenté un tremplin pour le reste de votre carrière ?
Je l’espère, la suite nous le dira ! C’est en tout cas une formidable école, dont je tire beaucoup d’enseignements pour mon métier.

Avez-vous des indiscrétions sur les prochains épisodes du Mistral ?
N’étant qu’un « guest » dans la série, mon temps de passage est assez bref, et j’avoue que je n’ai pas vraiment eu le temps d’attraper un scoop à vous offrir. Désolé…

Quels sont vos loisirs ?
Le cinéma, la lecture, la musique, les brocantes et les bons repas entre amis.

Pour finir, un message à vos fans et aux visiteurs du site ?
J’espère qu’ils prendront autant de plaisir à suivre l’histoire d’Antoine Vidal, que j’en ai eu à interpréter ce personnage. Et je vous rassure, je suis beaucoup plus sympa dans la vraie vie !

http://www.pblv-plusbellelavie.fr/archive/2010/08/25/l-interview-exclusive-de-franck-andrieux.html

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